L'autrice en quelques mots ...
Comme en témoignent les quelques lignes ci-après, l'image constitue le fil rouge de mon parcours professionnel : la graphie porteuse de sens et de sons - ou hiéroglyphie développée par la civilisation égyptienne, la photographie des patrimoines historiques et naturels de la région Occitanie - notamment du Pays Lauragais, le photographisme témoignant des évolutions de notre environnement sous la pression des activités humaines, la simulation numérique et la modélisation 3D offrant de voyager dans le passé, dans le Système Solaire, ... Autant d'images fixes et animées destinées à susciter tant l'émerveillement que de multiples questionnements concernant notre place sur cette Terre, notre place dans l'Univers.
Autrice
Karine Gadré,
Dirigeante de l'entreprise Culture Diff',
Docteur en Astronomie de l'Université de Toulouse,
Membre du Collectif Astronomers for Planet Earth,
Membre du réseau Science(s) en Occitanie
Idée -> Action | Ph.D | Link-in-Bio
Le point de départ ...
Enfant, je regardais le ciel. Depuis la fenêtre de ma chambre l'hiver, j'aperçevais la pleine Lune à son lever : un disque énorme, de couleur blanchâtre, posé sur l'horizon. Dans l'angle sud-est du ciel, le Soleil se déplaçait, tel un yo-yo, au rythme des gelées. L'été, une multitude de points lumineux constellaient la voûte céleste, du zénith à l'horizon, dans toutes les directions. Que d'images gravées dans mon esprit, d'émotions ressenties, de pensées esquissées !
Lorsque j'eus dix ans, mes parents m'offrirent un ouvrage illustré devenu référence dans le monde entier : « Atlas de l'Egypte ancienne » par Jaromír Málek et John Baines. Sur la page de couverture figurait un homme contemplant une architecture multimillénaire : la salle hypostyle du temple d'Edfou, ses magnifiques colonnes ornées d'inscriptions hiéroglyphiques que les rayons du Soleil illuminent, tour à tour. A l'image des pages d'un ouvrage que l'on feuillette, de cet ouvrage composé de longs paragraphes entrecoupés de cartes, de photographies de sites explorés, d'objets excavés, de reproductions d'inscriptions, ...
Thèse de doctorat
La lumière baigne le Ciel et la Terre d'Egypte : la lumière en provenance de la Lune, du Soleil, que reflète chaque parcelle de ce désert de sable traversé, du sud au nord, par un long ruban verdoyant, la Vallée du Nil ; la lumière en provenance des astres lointains également (planètes, étoiles, galaxies) qui, tels de petits points brillants, transpercent le Ciel si profondément sombre.
Le Soleil, la Lune, les étoiles et les constellations qu'elles dessinent, les planètes également, sont cités dans les textes égyptiens : leurs appellations hiéroglyphiques ornent les parois internes de pyramides royales érigées à la fin de l'Ancien Empire, les couvercles de sarcophages datés de la Fin de la Première Période Intermédiaire et du Moyen Empire, le plafond de temples et tombeaux du Nouvel Empire, etc. Au total, rien moins qu'une centaine de vestiges archéologiques mentionnent les noms d'étoiles qui, à l'instar de Sirius, la plus brillante d'entre elles, demeuraient invisibles du Ciel d'Egypte quelques 70 jours par an.

Graphies désignant la voûte céleste, la constellation de la Grande Ourse, la constellation d'Orion et l'étoile Sirius (de gauche à droite)
Quelles sont ces étoiles ? Quelles positions occupent-elles dans le Ciel ? De quelles constellations définissent-elles les contours ? Les identifier une à une, sur la base des informations textuelles dont nous disposons, au moyen d'outils numériques conçus à cet effet, constitua l'objet de ma thèse de doctorat, soutenue en 2008 devant un jury composé d'astronomes et d'égyptologues. Elle aboutit à la cartographie du ciel de l'Egypte ancienne.

Positionnement des étoiles peuplant le ciel méridional de l'Egypte ancienne le long de l'écliptique (cercle de couleur orangée)
Sciences en Terre d'Oc'
En ce début de XXIème siècle, la photographie numérique connaissait un véritable essor. Les progrès technologiques réalisés permettaient désormais à tout un chacun de capturer, au moyen d'un simple boîtier muni d'un objectif approprié, le Ciel et les objets le peuplant, la Terre et notre environnement.
En parcourant ma région d'adoption, l'Occitanie - notammment le Pays Lauragais, l'idée me vint d'acquérir des clichés et de composer de courts textes permettant d'aborder, simplement, des concepts scientifiques variés : la création de l'Univers, le mouvement des astres, l'apparition et l'évolution de la vie sur Terre, la cohabitation Homme-Nature ; enfin, l'Anthropocène.
Coucher de Soleil sur les Gorges de l'Aveyron
Certaines des images acquises au moyen de techniques photographiques ont fait l'objet de traitements algorithmiques particuliers afin d'illustrer au mieux le concept scientifique désiré. D'autres images, censées décrire des réalités inaccessibles physiquement, éloignées dans le passé ou l'avenir, ont été générées au moyen d'outils numériques spécifiques : cartographie, algorithmes, interfaces graphiques. De sorte que ces instantanés résultent de captures d'écran, les animations de modélisations.

Photographie du Château de Saissac dans l'Aude, érigé à la fin du XIIème siècle.

Le photographisme ci-dessus, obenu par application d'algorithmes de traitement d'image à la photographie du château de Saissac, permet d'aborder les thèmes de l'industrialisation et de l'urbanisation durant l'Anthropocène. Plus d'infos ...
Sciences participatives
A l'ère des smartphones, la capture d'images (et de sons) est devenue accessible à tout un chacun - sans formation préalable. Dotées d'informations de temps (instant de l'observation) et d'espace (géolocalisation), ces enregistrements peuvent enrichir les bases de données d'institutions tel le Muséum National d'Histoire Naturelle, et donc contribuer au suivi spatio-temporel d'espèces de faune, de flore et de fonge, à l'étude des impacts du changement climatique et de la destruction d'habitats sur les populations concernées et, par voie de conséquence, à la mise en place de mesures de protection adaptées.
Cette démarche se nomme science participative. Elle invite tout citoyen à devenir acteur de la science contemporaine en acquérant et transmettant ses observations (visuelles et / ou sonores) via des applications dédiées. Elle a fait l'objet d'un numéro complet du média indépendant « Le Zéphyr » (2026).
Un atelier d'introduction aux sciences participatives a été présenté à un public sportif (randonneurs, cyclistes, porteurs ou non d'un handicap) lors de la 6ème édition des Nuits des Forêts (6 juin 2026) et au cours de la Journée HandiSports en milieu naturel (19 septembre 2026). Un atelier d'expérimentation des sciences participatives destiné à un public urbain et familial est actuellement en cours de conception. Il fera l'objet d'une présentation dans le cadre du village TEPOS (Territoires à Energie POSitive) organisé par la Mairie de Revel (3 octobre 2026).
